Tutoriel & Découverte Fingerstyle et Guitare Percussive

Mise à jour : J’ai fait une vidéo compilant de nombreuses idées de ce tutoriel, si vous êtes plus à l’aise avec le format vidéo :

Fingerstyle et Guitares percussives

Par Monplaisir.

(ATTENTION : Tutos pour droitiers, inverser les mains pour les gauchers. Le nom des techniques de jeu servent d’illustration mais ne sont pas « officielles ».

La guitare, comme tous les autres instruments, demande beaucoup de temps pratique pour intégrer toutes les techniques. N’hésitez pas à faire des pauses régulières au risque de vous abîmer les doigts ou de vous faire mal. Une tendinite est vite arrivée alors arrêtez-vous quand vous sentez que ça devient douloureux.

Vous pouvez pratiquer la guitare percussive sur n’importe quel type de guitare, attention tout de même à prendre une guitare suffisamment résistante, évitez de pratiquer sur les guitares classiques, préférez les guitares folks. )

Le fingerstyle peut se définir par un ensemble de techniques de jeu à la guitare d’un niveau avancé pratiqué avec les doigts. Les doigts jouent de manière indépendante des lignes musicales que normalement un groupe entier devrait jouer.

La guitare percussive, quant à elle, peut se définir par l’utilisation des différentes parties de la guitare pour en produire des percussions diverses.

Ces deux techniques ne sont pas indissociables et peuvent se marier si bien liées ensemble.

De ces deux techniques liées découlent de nouvelles sonorités et approches sur la manière de pratiquer la guitare, tantôt teintées musiques actuelles, tantôt contemporaines voire même expérimentales.

Dans cet article seront abordés les origines, les accordages, les techniques de percussions et de jeux aux doigts, les gadgets et quelques références à voir pour comprendre ce qu’est la guitare percussive et le fingerstyle.

1/Les origines de la guitare percussive et du fingerstyle

On peut noter l’origine du fingerstyle dans la pratique de la guitare flamenco mais aussi celle du blues et de la country. Les techniques de jeu aux doigts y sont dominantes et c’est par ces styles que le courant fingerstyle contemporain a pu se construire, piquant ça et là des techniques de picking.

Pour se faire une idée visuelle de la chose, on peut se diriger vers les premiers enregistrements de Robert Johnson, pionnier du blues du delta, Jerry Reed, éminent guitariste de la musique country ou bien des morceaux de musique flamenco comme le célébrissime Asturias de Isaac Albeniz. Ce sont tous les trois des musiciens portés sur la pratique de jeu sans médiator ou bien avec un médiator de pouce afin de varier les tessitures et rythmiques.

L’origine de la guitare percussive est déjà plus difficile à trouver. Cependant, la pratique percussive de la guitare peut se trouver plus aisément chez les musiciens australiens et canadiens (voir les guitaristes Black Noble, Don Ross, Sam Westphalen…). Les guitaristes rythmiques flamenco en usent aussi comme Gabriela de Rodrigo y Gabriela ou David Broza.

2/Les accordages

Note : Il y a deux manière d’écrire les accordages en France. Soit avec les notes que l’on utilise en France (do, ré, mi, fa, sol, la, si), soit avec le chiffrage américain (a, b, c, d, e, f, g) (respectivement : a=la, b=si, c=do, d=ré, e=mi, f=fa, g=sol )

S’il y a bien une chose à savoir pour bien jouer de la guitare, c’est s’accorder. L’accordage standard (Mi La Ré Sol Si Mi ; EADGBe, de la plus grave à la plus aigue) aura permis à de nombreux groupes de composer les classiques du jeu de la guitare. Cependant, il n’y a pas que cet accordage standard qui peut être utilisé. Parfois, certains groupes s’accordent en accordage ouvert, c’est à dire un accordage faisant sonner à vide un accord sans tierce mineur ou majeur. Le plus utilisé est le DADGAD (RÉ La Ré Sol la ré, de la plus grave à la plus aigue), plus souvent prononcé DAGDAD (de la plus aigue à la plus grave).

On peut noter que de nombreux groupes connus utilisent ce genre d’accordage : Led Zeppelin, System Of A Down, The Yardbirds, Slipknot, Rory Gallagher, John Butler Trio…

Cet accordage permet de faire sonner des sonorités celtiques, irlandaires de manière plus aisée.

L’accordage dans le fingerstyle est une question cruciale. Un accordage dans les graves permettra de bender plus facilement certaines cordes, de donner un côté plus sombre aux morceaux, de donner une gamme de notes plus larges… mais viendra aussi s’ajouter le problème du désaccordage en milieu de morceau, de la trop grande souplesse des cordes, de la baisse de pression sur le manche qui pourrait le déformer si le jeu de cordes n’est pas adapté à cette utilisation…

C’est pourquoi on retrouve toute une floppée d’accordages différents chez les musiciens pratiquant le fingerstyle. Si l’accordage DAGDAD domine les autres accordages alternatifs, il ne faut pas mettre de côté les autres.

On peut retrouver comme type d’accordage chez les musiciens fingerstyle (de la plus grave à la plus aigue) :

-C G D G B e (Do Sol Ré Sol Si mi)

-C G C G c e (Do Sol Do Sol do mi) (accordage en do majeur)

-C G C G c eb (Do Sol Do Sol do mibémol) (accordage en do mineur)

-A# A D F a d (La# La Ré Fa la ré)

Pour plein d’idées d’accordage différent, cette page du site d’Erik Mongrain en décrit pas mal :

http://www.erikmongrain.com/tunings

Comment s’accorder en DADGAD ?

EXERCICE :

1-Depuis un accordage standard (EADGBe) pour s’accorder en DADGAD, c’est très simple…

Tout d’abord, on va accorder la corde mi grave. On la baisse d’un ton en jouant la corde Ré de temps en temps afin de tomber sur la bonne note. A la fin, la corde mi doit sonner comme la corde Ré, les deux cordes étant des ré (la corde de mi grave étant maintenant un octave en dessous la corde ré).

Pour finir, il faut faire descendre la corde de si aigu en la et la corde de mi aigu en ré. Pour la mi aigu, on fait comme la mi grave. On se sert de la référence de la corde ré pour baisser d’un ton la mi aigu. Ainsi elle devient un ré aigu.

Pour faire descendre la corde si en la, rien de plus simple. On fait la même chose mais en servant de la corde de La grave comme référence.

Jouez toutes les cordes en même temps et vous avez un bel accord ouvert !

Nous avons vu différents types d’accordage, maintenant passons aux côtés pratique de la percussion, après cela nous verrons les techniques aux doigts.

3/ Les techniques de percussions

On ne dirait pas comme ça mais la guitare renferme dans sa forme des centaines de sons de percussions différents. De la tête jusqu’à la caisse de résonance, de l’acoustique à l’électrique, il y a toujours quelque chose que l’on peut faire sonner sur le corps.

La caisse de résonance, rien qu’elle, possède de nombreuses sonorités, tout dépendant de l’angle et de la partie du corps que l’on percute avec.

Commençons par les cordes.

-Percussions sur cordes-

Les percussions les plus simples à intégrer dans des morceaux comme des chansons folk, ce sont les percussions sur cordes.

a)Le coup de pouce

Accessible car la main étant à proximité, le coup de pouce sur les cordes sonnent comme un tintement de hit-hat. Un léger tic-tic. L’intégrer à un morceau apportera une dynamique marquée.

EXERCICE :

1-Pour s’entraîner à l’intégrer dans ses morceaux, il y a des exercices très simple.

Plaquez un accord de mi mineur en haut de votre manche avec votre main gauche (000220, de la plus aigu à la plus grave) et le jouer avec la main droite en décomposant le temps en 8. Donner un coup de pouce sur le 4 et le 8.

« 1 2 3 x 5 6 7 x » et on recommence.

Commencez avec un rythme lent puis accélérez la cadence.

Une fois que vous avez le coup de pouce en main, essayez en faisant une suite d’accords différents et en variant le tempo.

Le coup de pouce peut s’intégrer aussi à un jeu en picking. Cette intégration est plus difficile à faire mais reste possible et apporte une nouvelle dynamique au jeu.

Le soucis du coup de pouce seul est que le temps marqué par le coup de pouce ne sonne pas hormis pour la percussion. C’est pourquoi il faut travailler une nouvelle technique pour cela, le coup de pouce slappé.

b)Le coup de pouce slappé

L’apprentissage du coup de pouce slappé vient après avoir pris en main la technique du coup de pouce sur les cordes.

Le slap provient du jeu de basse qui consiste à frapper les cordes avec le pouce pour les faire résonner. Le son est brute et permet d’émettre une note lourde.

Le but de cette technique est de faire résonner la corde de mi grave pour en faire une nappe longue. Ce geste peut s’accompagner d’un frisement de la corde.

Mais surtout, cette technique permet de faire un son de percussion pour marquer le temps tout en faisant sonner la mi grave.

EXERCICES :

1-Comme exercice de travail sur cette technique, commencez d’abord à essayer de faire rebondir votre pouce contre la corde de mi grave pour la faire sonner. Pour cela, fermez le poing, le pouce légèrement détaché de vos doigts et faites pivoter votre poignet de manière à ce que le pouce tape et rebondisse contre la corde. La corde de mi grave devrait sonner. Entrainez vous à ça jusqu’à bien faire sonner votre corde.

2-En deuxième temps, reprenez l’exercice du a) Le coup de pouce et intégrez le coup de pouce slappé à la place du coup de pouce normal. Travaillez cela jusqu’à ce que le coup de pouce slappé vous vienne naturellement.

3-En troisième temps, prenez le premier exercice du b) Le coup de pouce slappé et au lieu de faire résonner une corde, essayez d’en faire résonner 2 puis 3 en un seul coup de pouce.

Avec ce coup de pouce slappé, vous allez pouvoir faire sonner la percussion en plus de faire résonner les cordes basses. Cependant, cette technique ne fait pas sonner les cordes aiguës. Mais pas de panique ! Il y a une autre technique pour faire en sorte d’avoir les aiguës aussi, ce que nous allons voir tout de suite avec le prochain point.

c) Le coup de pouce sur accord

Après avoir vu le coup de pouce slappé, on va voir un coup de pouce qui permettra de faire sonner les basses mais aussi les aiguës.

Pour cela, il faut reprendre la position du coup de pouce slappé en ouvrant légèrement la paume, les doigts joints, le pouce détaché. Comme si vous étiez en train de tenir un téléphone portable.

Ensuite, il faut, dans un mouvement descendant, frapper les basses avec le pouce et faire sonner les aiguës avec les ongles des doigts.

EXERCICES :

1- Comme premier exercice, reprendre l’exercice 1 du a) Le coup de pouce et faire sonner sur l’accord de mi mineur, les cordes aiguës à vide.

2-Comme deuxième exercice, plaquer l’accord de mi mineur comme ceci : 789970 sur un accordage standard (de la plus aiguë à la plus basse) et essayez de faire sonner toutes les cordes aiguës tout en faisant sonner la mi grave à vide.

Une fois cette technique dans vos doigts, vous pourrez battre le rythme sur vos cordes tout en jouant les notes sur votre manche. Bien sur, il existe d’autres techniques de percussion sur cordes comme on peut le voir sur le morceau Salvation de Erik Mongrain qui lui fait percuter ses autres doigts sur les cordes afin de donner plus d’effet et de présence à ces percussions. Les techniques vues précédemment ne sont pas exhaustives, il en existe encore plein d’autres et c’est aussi à vous de développer les vôtres.

En attendant, nous allons voir d’autres types de percussion sur le corps de votre guitare.

-Percussions sur le corps de la guitare-

Le corps de votre guitare est bourré d’éléments pouvant faire sonner à merveilles les percussions. Mais pour cela, il faut aussi prendre en compte la surface de votre corps à vous qui va percuter la guitare.

Nous allons voir les différentes percussions possibles sur la caisse de résonance, l’éclisse, le chevalet et la rosace. Ces descriptions sont bien sur non-exhaustives.

Pour revoir un peu son « anatomie » de la guitare, je vous invite à faire un tour sur l’article de la guitare sur Wikipédia :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Guitare

Via les points suivants, nous survolerons les moyens d’émuler les percussions possibles sur une batterie afin de mieux imager les sons possibles à obtenir.

a)La caisse de résonance

Le corps de votre guitare est composé essentiellement de la caisse de résonance. Le bois y est assez résistant pour y faire sonner des percussions. Le son différera selon l’endroit où vous effectuez la percussion. Les éléments de percussion qui vont suivre concernent la zone de la caisse de résonance sous le chevalet.

-Donner un coup de poignet sur la caisse de résonance peut imiter le son d’une grosse caisse. Le son est assez sec et grave.

-Frotter les deux dernières phalanges de l’index, du majeur et de l’auriculaire permet d’avoir un son proche de celui des balais sur la caisse claire d’une batterie.

-Faire cogner le bout des ongles sur la caisse donne un son plutôt aigu semblable au roulement de baguette sur une caisse claire.

-Frapper le rebord de la caisse de résonance avec la paume de la main permet d’obtenir un son grave et très sec, facile à combiner avec des percussions sur l’éclisse.

b)L’éclisse

L’éclisse est la « tranche » de votre guitare. Cette partie là permet d’obtenir des percussions très claires.

-Il est possible de taper la tranche de la guitare avec les doigts de la main droite, le petit doigt en avant, pour faire un son semblable à celui de la caisse claire d’une batterie. Ce geste est facile à combiner avec des percussions sur la caisse de résonance.

-Il y a une autre partie de l’éclisse qui peut être utilisable pour percuter, c’est celle qui est juste en dessous de votre menton lorsque que vous êtes en position de jeu assise. Frapper cette partie avec le bout de votre index pour faire sonner un son clair et discret. Peut être pratique à certaines occasions mais est douloureux à la longue.

c)Le chevalet

Le chevalet est une partie importante de la guitare percussive.

-Donner un coup de poignet autour du chevalet provoque un son grave et profond, facile à combiner avec d’autres techniques de percussion, en particulier les percussions sur les cordes. En effet, la zone étant proche des cordes, il est possible de combiner un coup de pouce sur les cordes ainsi qu’un coup de poignet autour du chevalet.

-Donner un coup de poignet autour du chevalet peut aussi engendrer une vibration de la mi grave. Ainsi, le coup sera accompagné d’une note.

d)La rosace

Faire des percussions sur la rosace s’avère compliqué. Cependant, si vous êtes dans un enchaînement de percussions mais que vos mains ne peuvent pas donner un coup sur l’éclisse pour avoir une percu aiguë et sèche, la rosace peut dépanner.

-Pour la percussion sur la rosace, il faut que l’un des ongles de votre main droite heurte le rebord de la rosace. Bien fait, cela permettra d’obtenir un son sec et aigu. Cependant, cette percussion peut s’avérer douloureuse, en plus de demander de la précision. Il est possible que vous vous cogniez la phalange au lieu de l’ongle et ça ne pardonne pas niveau douleur.

Il existe encore maints endroits où la percussion est possible sur une guitare, à vous de vous en emparer pour développer votre style de guitare percussive.

Cependant, la percussion n’est qu’une mince partie de ce qu’est le fingerstyle. Et pour approfondir la chose, nous allons voir maintenant les méthodes possibles de jeu aux doigts sur la guitare.

4/ Les techniques de jeu aux doigts

Il existe déjà de nombreuses techniques populaires de jeu aux doigts comme le picking, le tremolo ainsi que le bon vieux « grattage » de corde en aller-retour.

Dans le fingerstyle, on peut rajouter des techniques prises dans le jeu sur guitare électrique comme le tapping.

Pour commencer, nous allons voir une technique de jeu avancée plutôt simple à intégrer qui apporte pas mal de style au jeu, le hammer-on/pull-off à une main.

-Hammer-on/pull-off à une main-

Cette technique consiste à faire sonner une note en exerçant assez de pression avec les doigts de la main gauche sans pour autant faire vibrer la corde avec la main droite.

Les premiers essais font régulièrement peu vibrer la corde mais un bon entraînement sur la corde de mi grave permet de voir le type de son que l’on obtient.

Une fois le hammer-on pris en main, essayez de faire un pull-off- enlever le doigt pour faire sonner une note plus basse- et laisser vibrer la corde à vide. La technique étant d’enlever son doigt tout en faisant rouler la corde sur la pulpe du doigt pour que celle-ci retrouve une nouvelle vibration à vide.

Cette technique permet de faire une ligne de basse avec seulement une main, libérant l’autre main pour jouer les aigus en tapping ou en picking.

Pour s’exercer à cette technique, il est conseillé de commencer sur une corde. Après un peu d’entrainement, il est possible de faire les hammer-on/pull-off sur trois cordes en même temps ou bien de l’effectuer sur les cordes aigues.

Dans son morceau Spiritual Groove, Antoine Dufour utilise cette technique dès le premier riff. Andy McKee l’utilise aussi dans Drifting.

Nous allons voir maintenant une nouvelle technique au doigt se mêlant bien au hammer-on/pull-off, c’est le slap harmonique.

-Le slap harmonique-

Le slap harmonique est une technique qui demande pas mal de précision. Il s’agit de frapper à l’aide d’un doigt de la main droite les frettes possédant des harmoniques (7ème frette, 12ème frette, 19ème frette…).

Ce geste provoque un son lourd et riche en nuance. Avec un accordage ouvert, cela sonne magnifiquement et produit à la fois un son percussif, mélodique et rebondissant.

Pour s’exercer à cette pratique, essayez de donner vigoureusement un coup de doigt sur la 12ème frette. Si cela sonne comme si vous jouiez vos cordes à vide, c’est que vous l’avez mal fait. Si par contre, vous entendez les harmoniques sonner, vous êtes sur la bonne voie.

Don Ross, dans son morceau Loaded, leather, moonroof, l’utilise abondamment. Pareil pour le final de Trilogie d’Antoine Dufour (qui nous gratifie d’un double slap harmonique).

Il est aussi possible de faire du slap harmonique avec la guitare sur les genoux. Le guitariste Erik Mongrain a rendu cette technique de jeu célèbre avec son morceau Airtap !. Même s’il n’est pas parent de cette technique, sa vidéo l’a popularisée énormément.

Il y a de nombreuses techniques de jeu aux doigts plus ou moins complexes et chaque situation vous apprendra à trouver le meilleur moyen de faire sonner vos morceau.

En attendant, nous allons voir les gadgets et bidouillages possibles pour procurer de nouvelles sonorités ou pratiques de la guitare acoustique.

5/ Les gadgets, guitare préparée et autres folies guitaristiques

La guitare ne finira jamais de nous surprendre et de jour en jour, les musiciens ou mélomanes nous font découvrir des voies pour compléter l’univers infini de la guitare.

Nous allons d’abord commencer par voir les gadgets utilisables sur la guitare pour procurer de nouvelles sonorités.

Dans les prochains points, il sera beaucoup questions de quelques guitaristes : Serge Pesce, Sergio Altamura ou encore Stefano Barone.

a) Les pédales d’effets

Nous allons rapidement passer sur les pédales d’effets. Le sujet peut être très grand, un dossier entier pourrait être consacré à la guitare acoustique et les pédales d’effets. Mettre un peu de distorsion sur le son donne un côté chaleureux comme dans Passionflower de Jon Gomm. Le delay comme le morceau Batman-Supertramp de Stefano Barone rajoute de l’ampleur au son. Sinon, comme Sergio Altamura sur Dragonfly ou Luna, utiliser un looper (pédale de boucles) permet d’enrichir une phrase musicale d’énormément de sonorité.

b) Les objets et la guitare (Guitares préparées et accomodées)

Si beaucoup de musiciens appellent les guitares prêtes à un emploi détournée les guitares préparés, Serge Pesce, lui, préfère le terme Guitare accomodée.

Si la guitare préparée est beaucoup utilisée chez les groupes de noise (Sonic Youth, The GoTeam !, pour ne citer qu’eux), elle se retrouve chez des guitaristes acoustiques fous d’expériences sonores.

Faisons maintenant une revue des objets utilisables (liste non exhaustive) pour une utilisation sur guitare.

Attention, certains de ces objets peuvent abîmer votre guitare, vos cordes, vos doigts, alors faites attention avec ce que vous manipulez !

Le médiator de pouce : Élément important du jeu en fingerstyle, le médiator de pouce est extrêmement pratique lorsque l’on doit appuyer les basses ou bien garder une rythmique présente. Le pouce permet de faire un aller-retour plus pratique, laissant les autres doigts accessibles pour les cordes aigues.

Le morceau Drac & Friends 1 de Antoine Dufour donne une belle vue de comment le médiator de pouce est utilisable.

L’archer : Devenu célèbre par l’usage qu’en à fait Jimmy Page avec son groupe Led Zeppelin, l’archer sur la guitare est un bon début d’objet dérivé. Même si le corps de la guitare n’est pas vraiment adapté pour son utilisation (le chevalet des guitares n’est pas aussi courbé que celui d’un violon), user d’un archer donne un grain au son et peut, avec pas mal d’entraînement, donner des sonorités intéressantes.

Vous pouvez le voir en action avec des groupes comme Sigur Ros, adeptes de ce type de jeu. Sergio Altamura en fait lui aussi usage sur son morceau Final Blu ou Down Roma Traffic.

L’E-bow : L’e-bow est un archer électronique. C’est à dire, un boitier de plastique où sont placés deux aimants que l’on pose au dessus d’une corde pour la faire vibrer, la corde entrant en vibration « infinie ». Outil de prédilection pour les post-rockeurs, l’e-bow, utilisé avec une pédale de boucle, permet d’enrichir les compositions. Sergio Altamura, encore lui, l’utilise sur Dragonfly.

Le tournevis : Le tournevis sert à faire du bruit. C’est tout. Comme un bottleneck en moins pratique, il est compliqué d’en sortir une mélodie. Mais c’est parfait pour tous les amateurs de noise.

Les dés à coudre : Aussi surprenant que cela puisse être, les dés à coudre donnent une nouvelle sonorité aux cordes. Sur les doigts de la main gauche, les dés à coudre procurent un toucher différent, permettant de faire des slides. Les aspérités du dé donnent un son proche de celui de la cithare si couplé avec un léger crunch. Les dés sur la main droite peuvent être utilisés pour le tapping, donnant un effet pizzicato étrange.

La cuillière : Frottée avec le dos sur la frette de la note que l’on veut faire sonner, un son proche de celui de la scie musicale sort. Une amplification est nécessaire pour faire ressortir le son mais l’effet est beau et facile d’accès.

Il y a encore bon nombre d’objets à mettre en contact avec la guitare. Regardez le site internet de Serge Pesce (http://www.sergepesce.com/guitare%20accommod%E9e.html) ou bien les morceaux de sergio Altamura (Down roma trafic et Final Blue notamment) pour vous faire une petite idée des objets employables.

Le capodastre : Le capodastre est un de ces outils qui ne payent pas de mine mais qui peuvent être intéressant à utiliser. De manière classique, le capodastre bloque les 6 cordes. Cependant, mis d’une autre manière, il est possible de ne bloquer que 5 cordes voire même 4 cordes (comme sur Rylynn d’Andy McKee). Plus fort encore, le capodastre qu’Antoine Dufour utilise sur le morceau Memories of the future, capodastre qui permet de bloquer les cordes que l’on souhaite. Sinon, Van Larkins s’amuse à changer son capodastre de place en plein milieu de morceau sur Wandering Hands.

c) Folies guitaristiques

Les guitaristes sont fous. Oui oui.

Un exemple : Ewan Dobson et son fil dentaire. Pour son morceau Bonus Stage, ce guitariste de génie a décidé de remplacer ses cordes par du fil dentaire et le résultat est plus que dingue. Pour ceux n’ayant plus de corde mais du fil dentaire sous la main, cette solution reste intéressante !

Deuxième exemple : Jon Gomm et ses mécaniques de banjo. Il fallait y penser ! Remplacer les mécaniques des cordes aigues de sa guitare par celle d’un banjo. Pourquoi ? Pour s’accorder plus facilement. En effet, dans la plupart de ses morceaux, ce guitare de talent se permet de se désaccorder pour jouer sur les sonorités. Les mécaniques de banjo sont beaucoup plus pratiques pour retrouver une tension normale alors que les mécaniques de guitare ne permettent pas cette même précision. Faites le comparatif entre Passion Flower de Jon Gomm et le morceau Outside the lines de Trevor Gordon Hall.

Troisième exemple : Trevor Gordon Hall et sa kalimba. Comme si la guitare n’était pas suffisante, ce musicien polyvalent s’autorise à accrocher une kalimba sur la caisse de résonance de son instrument afin de pouvoir jouer des deux en même temps, pratiquant le tapping et le hammer-on de la main gauche et jouant de la kalimba avec la main droite. Mer il é fou !

Des folies guitaristiques, il y en aura de plus en plus si les guitaristes continuent à aller de plus en plus en profondeur avec leur instrument. Cette liste non exhaustive vous en montre quelques uns et ils sont nombreux dans l’ombre à chercher des sonorités uniques.

Pour conclure ce dossier sur la guitare percussive, nous allons voir quelques références pour comprendre un peu mieux le fingerstyle et la guitare percussive.

6/ Les références et cie

C’est bien beau de parler de guitares percussives et de fingerstyle mais il serait bien de connaître ces gens qui la font vivre !

Le plus grand vivier de guitariste percussif se trouve sur le label canadien Candyrat.

Via celui-ci, il est facile d’accéder à des vidéos de Van Larkins, Trevor Gordon Hall, Antoine Dufour, Don Ross, Sergio Altamura, Andy McKee, Mike Dawes, Ewan Dobson…

Tous ont une technicité incroyable mais quelques-uns sortent du lot. Trevor Gordon Hall mêle la kalimba et la guitare, Ewan Dobson joue au médiator et possède une technique de pompe incroyable, Sergio Altamura cherche à détourner la guitare avec des objets, Mike Dawes impressionne par sa technicité incroyable et son jeune âge, Don Ross, Andy McKee et Antoine Dufour font un peu les papas du genre ayant implanté les règles de ce type de jeu…

En dehors de Candayrat, on peut trouver de nombreux indépendants qui ne manqueront pas de vous surprendre :

-Tommy Emmanuel, papy de la guitare, maestro de l’improvisation et du jeu au médiator sur guitare acoustique.

-Erik Mongrain qui donne une sonorité totalement unique à la guitare avec l’usage d’accordage sortant de l’ordinaire.

-Sam Westphalen qui reprend la pop et le hardcore dans un jeu de guitare loufoque avec une technique à tomber par terre

Sans oublier les formations telles que Guitar Republic, Tommy Gauthier & Antoine Dufour…

Et j’en oublie énormément…

Pour conclure, nous avons vu un bref historique de la guitare percussive, les accordages, quelques techniques de percussion, de jeu au doigt, quelques gadgets et références.

J’espère que ce dossier vous aura appris quelques choses, que vous êtes maintenant un peu plus intéressés par les progrès du jeu de la guitare acoustique, que vous même vous essayerez de développer à votre tour.

Tout comme la musique, ce dossier est partageable au plus grand nombre alors n’hésitez pas à faire passer le mot, à le modifier pour apporter votre contribution…

Que la musique soit comme votre chemin, libre !

Mr Monplaisir

Texte sous licence Creative Commons By, utilisation commerciale, partage, modification possibles à condition d’en citer l’auteur.

https://creativecommons.org/licenses/by/2.0/fr/

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Une réflexion sur “Tutoriel & Découverte Fingerstyle et Guitare Percussive

  1. Merci beaucoup pour ces infos, je suis professeur et cela me permettra d’aiguiller mes élèves. Il faudrait trouver un recueil progressif qui ne soit pas un catalogue de technique mais un guide découverte…

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