On s’y remet

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(English translation below)

Le dernier dépoussiérage avait raison, j’étais pas assez discipliné pour tenir ce blog à ce moment là.

Mais là je crois que c’est bon, les résolutions de cette année me poussent à entretenir ce blog avec un peu plus de contenu que le contenu perso du coup il aura une plus grande raison d’être.

Ce blog va toujours servir à la publication de contenu perso mais maintenant servira surtout à la publication d’articles à propos de musique autoproduite, de musique amateur, de musique libre, de musique internationale, de musique sous représentée dans les webzines et magazines musicaux. Et je vais essayer au maximum de le tenir en français et en anglais.

J’ai fait le constat avec ma propre musique que j’ai pu envoyer à droite à gauche, jamais relayée par les journaux ou webzines (j’ai du être chroniqué deux fois depuis que je fais de la musique, et je les remercie). Le même constat est partagé par d’autres artistes autoproduits. La musique, amateur, en autoproduction et la musique libre ne sont que très peu diffusées et n’intéressent pas grand monde, ou en tout cas ça a l’air de n’intéresser pas grand monde.

Il y a plusieurs problèmes qui amènent à cette sous représentation de l’autoproduction, de la musique libre, de l’amateurisme et des musiques autres que la musique anglophone et francophone en France.

D’une part les plateformes de diffusion et de partage de musique.

Ces plateformes ne sont pas pratiques pour l’émergence d’artistes qui n’appartiennent pas aux tendances musicales actuelles :

-Soundcloud et Bandcamp ne sont pas des sites très pratiques en ce qui concernent la recherche d’artistes ayant peu de retours sur leur musique et c’est dommage. Une fonction « recherche de page avec peu ou pas d’interactions » aiderait à fouiller ces sites et faire des trouvailles. Au lieu de ça, il faut gratter au petit bonheur la chance, surtout sur Bandcamp. Soundcloud a la particularité d’avoir des « groupes d’artistes » qui permettent de fouiller des pages artistes s’y étant inscrits et ainsi trouver ça et là des musiques ayant très peu d’écoutes. Bandcamp a par contre une fonction recherche par localisation mais reste centré sur certaines capitales américaines et européennes. Heureusement, il y a tout de même la recherche par tag qui permet de découvrir des artistes ayant pris la peine de tagger leur bandcamp avec leur ville/pays.

-Youtube a toujours été un relais pratique pour découvrir des musiques plus ou moins connus via les suggestions. Il est parfois possible pour les mélomanes d’atteindre des pics d’euphorie une fois atteint un de ces cercles de suggestion Youtube (notamment dans le genre du post rock, du math rock, du shoegaze et du stoner), qui permet d’écouter pendant des heures durant des artistes tous différents dans un genre musical donné. Cependant, il faut réussir à tomber sur ces bonnes boucles de suggestions et une fois ces boucles découvertes on retombe finalement rapidement sur les mêmes artistes et les mêmes genres.

-Heureusement pour les artistes de musique libre existe le site Free Music Archive qui a une forte communauté et qui est particulièrement utilisé par les vidéastes ou artistes internationaux ayant besoin de contenu musical libre de droit. Ca en fait un lieu très pratique pour une diffusion internationale même si ce site ne fait pas une carrière (excepté pour de très rares artistes). C’est via ce site que j’ai eu le plus de contact avec des personnes souhaitant utiliser ma musique ou faire des collaborations.

D’autre part la situation actuelle de la production musicale et la communication.

La démocratisation des home studio, la facilitation de la production musicale par la MAO, permettent une création beaucoup plus importante et ainsi beaucoup plus d’artistes sont en concurrence pour se faire entendre. Les magazines, tourneurs, labels, ne sont pas assez nombreux à l’heure actuelle pour encaisser le flux de production et beaucoup d’artistes ne sont pas diffusés ou tout simplement pas entendu, par manque de personnes pour les chroniquer. Certains artistes autoproduits réussissent à trouver leur voie via les magazines spécialisés, la plupart du temps dans un genre bien défini comme chez Prog Archive pour la musique progressive, Metalorgie pour le métal, trip hop.net pour le trip hop ou bien le noise rock en général qui est revenu à la mode puissance 10000 dans les webzines français. Cependant, en dehors de sous genre spécifique, des groupes ou artistes un peu plus expérimentaux n’ayant pas un pied dans le milieu ou une connaissance d’une connaissance d’un artiste qui marche ne trouveront pas d’auditeurs. Les artistes essayant d’impulser un genre en dehors des cadres des conventions pop ou à la mode comme la fusion noise auront forcément de nombreuses difficultés pour trouver un espace où se faire entendre. Les groupes facebook, soundcloud ou twitter de musique dite « weird » ou expérimental servent à la base à la découverte de ces sous genres. Cependant, il y a un problème récurrent avec le label expérimental. Une panoplie d’artistes, notamment autoproduits/amateurs, bidouillant légèrement leur matériel ou bien pratiquant la dissonance ou le lofi se qualifie d’expérimental (la plupart du temps pratiquant une technique de jeu/enregistrement qui fut expérimental mais qui ne l’est plus trop). Je ne vais pas leur cracher dessus, je me suis mis et je suis toujours taggé expérimental alors qu’il n’y a que de rares moments où j’ai vraiment eu une démarche expérimentale sur la musique. Cela vient du fait que la plupart du temps cette démarche est expérimentale pour le musicien mais pas forcément pour la musique en elle même.

Si cette démarche pratique est expérimentale pour le musicien, elle ne l’est pas forcément de la musique, qui va souvent être un écho du passé où cette démarche expérimentale créait de la musique expérimentale. Cependant le tag expérimental de ces artistes va engendrer un problème.

Ces artistes essayant pour le coup de véritable démarche expérimental sur la musique sont noyés dans un flux d’artistes qui pensent faire de l’expérimental, rendant encore plus laborieuse leur émergence.

La part des autoproductions dans les relais musicaux est infime mais s’agrandit au fur et à mesure que de nouvelles plateformes de diffusion apparaissent. Le gros problème est la surcharge des chroniqueurs musicaux qui reçoivent des dizaines et des dizaines d’albums par jour à chroniquer. Il faut alors faire un choix et cela va souvent vers les valeurs sûres (plus facilement chroniquer un album sorti d’un label que le chroniqueur apprécie…). De plus, les magazines et webzines sont aussi soumis à des contraintes. Ils ont une certaine ligne éditoriale, des enjeux qui nécessitent aussi de parler de ce qui peut vendre, ou tout simplement ne s’y intéresse pas et c’est leur droit.

Ca serait trop simple de tirer sur les entrepreneurs et de ne pas tirer sur l’État et sa politique de valorisation des pratiques amateurs.

L’État a une volonté, professionnaliser les amateurs. Cela passe souvent par des tremplins/festivals sponsorisés par votre banque/assurance ou marque de boissons alcoolisées préférées où l’artiste/groupe gagnant se voit récompensé par une subvention, un passage en studio, un CD avec le logo de la ville ayant donné la sub dessus, un accompagnement vers la sainte professionnalisation. Chaque département doit avoir son tremplin vers la professionnalisation. Il y a un gros problème avec la mise en place de ce type de politique envers les amateurs.

Déjà première chose, tout amateur ne veut pas forcément devenir professionnel. Cependant, les amateurs ont eux aussi peut-être l’envie de participer à des concerts, des compétitions musicales et pour le coup l’État ne leur propose pas grand chose sans passer par les réseaux professionnalisant (hors fête de la musique).

S’il existe des subventions atteignables pour les amateurs, elles passent forcément par le biais de structure professionnalisante comme des écoles de musique, certaines salles de répétition ou d’enregistrement inscrites dans le réseau régionale de structures musicales professionnalisantes. L’amateur doit alors avoir un projet qu’il doit vendre à la structure pour obtenir cette subvention d’aide à la répétition, enregistrement, pressage.

Cela entraine nécessairement une mise en compétition des groupes dans l’obtention de ces subventions, cadrant alors l’étendu des recherches musicales et expériences qu’un amateur peut entreprendre et présenter au jury attribuant cette subvention.

Deuxième chose, depuis que Mitterand a invité dans les années 80 hommes et femmes de culture à partager leur savoir, le ministère de la culture s’est donné comme mission de promouvoir les pratiques amateurs. Au lieu de pousser les amateurs vers la professionnalisation, n’y aurait-il pas moyen de chercher à faire se rencontrer les amateurs pour échanger et créer ensemble entre amateurs ? Le passé et le présent montrent bien que c’est en associant les amateurs que l’on peut faire émerger de nouvelles formes de culture. Il suffit de voir la noise japonaise, le hip hop ou tout simplement et cela me semble le plus évident, le cas de la vaporwave. Ce genre a montré qu’en assemblant une grande diversité de personnes, professionnels comme amateurs dans l’informatique musicale, dans un lieu commun (dans le cas présent Reddit et 4chan), on peut faire émerger une culture commune.

Se professionnaliser n’est pas un mal pour un amateur, évidemment, je ne vais jamais dire le contraire, chaque groupe fait bien ce qu’il veut. Cependant, dans cette volonté de mettre en avant les pratiques amateurs, je trouve que l’État merde quelque part, surtout si c’est réellement sa volonté.

Concernant ensuite la mise en avant des pratiques musicales libres, l’État ne semble simplement pas s’y intéresser, les démarches mettant en avant ces pratiques étant essentiellement associatives (Dogmazik, festival du domaine public, l’AMMD…).

Ensuite, le dernier point reste les artistes eux-mêmes qui ne font pas de com où ne la font pas de la manière la plus efficace pour sortir du lot.

Cependant, il ne faut pas cracher dans la soupe, il y a bel et bien des lieux où l’on peut trouver la promotion de la musique libre, de la musique amateur, locale, internationale et pour le coup, c’est bien les radios et webradios qui mettent énormément l’accent dessus. De plus, en France nous avons la chance d’avoir un bon réseau de musiciens amateurs/expérimentaux/autoproduits/libristes (Musiques Incongrues, Dogmazik, la souterraine…)

Ce que j’essaye de dire, ce n’est pas que tout est nul, au contraire, toute prise de parole sur la musique est bien, toute tentative de la diffuser aussi, ce que j’essaye de dire c’est qu’il n’y en a pas assez et pas assez diversifiée.

Pour moi, ne pas être relayé en tant que musicien, c’est pas grave, je n’ai pas l’intention d’en vivre, c’est comme ça. Seulement, certains artistes musicaux s’autoproduisant n’ont parfois pas le choix que de vivre de ça. Parce que handicapé, parce que n’étant pas forcément adapté au monde du travail tel qu’il est maintenant, parce que pas doué dans autre chose que ça, parce que voulant seulement se dédier à ça.

C’est pour ça que je vais essayer avec mes petits moyens de promouvoir un maximum ces musiques qui passent inaperçues dans le spectre musical français et ces artistes qui galèrent et qui ont un nécessaire besoin de visbilité.

J’espère que ça vous plaira. Maintenant, au boulot.

 

 

 

Last time I wrote in this blog, I wasn’t enough disciplined to update it. But now I think it’s good, this year, I will write on it with more stuff and not just my personal work.

This blog will always be used to promote what I do but will serve also to publish article about self producted music, amateur music, free music and international music, the type of music it’s difficult to see in magazine and in webzine.

Amateur, free, self product are not well diffused and seem to not interest a lot off people.

I see multiple problems that lead to this under representation.

First, the internet plateforms to host the music.

-Soundcloud and Bandcamp are not so deep-searching friendly. A tool to « look for artists and pages with poor or no interactions » could help to find under listened artistes. Soundcloud has for it the particularity to have « groups » of musicians you can dig into to find some people with low interactions. Bandcamp has also a tool to search the localisation but still search for very few big city, mostly americans and europeans. The system of tag is still the best tool for searching. But it’s not very helpful.

-Youtube is still a good website to discover some music with poor interaction. It’s sometime possible to reach one of this circle of suggestion (mostly in the genre of post rock, math rock, shoegaze and stoner), which allow to listen to many hours of good music. But you have to find it and after that those suggestion come more often and we finally listen to the same music.

-Gladly, for free music artistes, the website Free Music Archive, which has a strong community, is used by a lot of videomaker and international artists. It’s a really great website to find a big audience but it’s rare to get a career with this website.

Next, the actual situation of the music production and the communication.

With the boom of home studios, user friendly softwares, allow to have more artists with more creation. Magazine, tour manager, distributor, are not enough at this moment to take care of all the production. Some self producter artists succeed to find their way in some magazine, mostly in specialised genre magazine like Prog Archive, Metalorgie, trip hop.net, and mostly in french webzine, Noise Rock. But other genres or experimental artists who not fit into those genre or some connections will hardly find people to isten to them. And Facebook, Twitter or Souncloud « weird & experimental music » group are not helping because of an often problem with the experimental tag. A lot of musicians, mostly self producted and amateur, which work with an « alternative » way or use lofi sound call themselves experimental. I won’t spit on them, I’ve done and do the same. This tag is not helping because most of the time, the experimental tag is about of the musician but not about the music. If the way to produce the music is experimental for the musician, ot doesn’t make an experimental music. It doesn’t help to find some real experimental music in the flow of experimental musician.

Next, the French state and his politic about amateur activity.

French state has a will, to make the amateur being pro by making festival and music contest with the help of a bank or the brand of your favourite alcohol. The winner will be rewarded with money, a week in a record studio, a CD with the logo of the city on it, a guid to the holy professionalisation.

And there is some issues : Every amateur doesn’t want to be pro but maybe they want also to participate to gig, music contests. And France doesn’t help if you don’t pass by the way to be pro ( except for the Music fest day). You can be help, but only if you want to be pro.

The other problem is that there is not enough place to meet and share with amateur musicians out of the internet.

To be pro is not bad, obviously, but in his will to promote amateur music, I think France is making a mistake.

Finally, the last point is about the artists which are often bad about their communication.

I don’t want to be rude, there is some place where are promoted free, amateur, local, international music, and it’s mostly radio or webradio which do the work. And in France we have a good network of amateur/experimental/selfproducted/Free musicians (Musiques Incongrues, Dogmazik, La Souterraine…)

The thing I want to say is that it’s not lame, everytime someone talk, share about undershared music is cool, what I try to say it’s that there is not enough person to do that.

For me, not be shared as a musician is not a problem, I don’t hav the will tolive with it. But some self producted musicians don’t have the choice to live of there music. Because they are disabled, because they don’t fit in a workplace, because they are just good at doing music…

That’s why I will try to promote those musicians. I hope you will like it.

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