Dossier et vidéo : La Musique Libre / Free Music

(English translation below)

Bonjour à vous, bienvenue dans ce dossier sur la musique libre.

Vous connaissez sans doute le musicien Kevin McLeod. Si vous ne faites pas de vidéos sur internet, ce nom ne vous dira peut être pas grand chose. Cependant, si vous regardez de la vidéo sur internet, vous en avez probablement déjà entendu.

Il est l’un des compositeurs de musique libre les plus connus et prolifiques dans le monde, sa musique ayant été utilisée dans plusieurs milliers de vidéos, dans des films, des publicités, des jeux vidéos.

Mais la musique libre, c’est quoi ? Et c’est quoi la différence entre de la musique libre et de la musique pas libre ?

Kezako la musique libre

Une musique dite libre, c’est une musique dont certains droits ont été assouplis pour pouvoir être utilisée légalement sous certaines conditions. Ces conditions sont définies par ce que l’on appelle une licence dont il existe plusieurs types.

-Tout d’abord le droit d’auteur classique, appelé copyright en anglais, qui restreint l’usage d’une musique au cadre privé, qui ne peut être utilisée dans un remix de quelconque sorte, hormis avec l’autorisation explicite de l’artiste.

-Il y a ensuite une autre licence appelée le Domaine publique. Une œuvre s’élève dans le domaine publique quand les droits d’auteur de cette œuvre ont expiré. Une œuvre est soumise au droit d’auteur classique pendant la vie du créateur puis pendant plusieurs années après son décès au profit des ayant droits voisins ( la famille, l’éditeur…), cette durée changeant selon le pays, en général 70 pour la france et les états unis. Une œuvre élevée dans le domaine publique ne possède plus aucun droit d’auteur et peut alors être utilisée par tout le monde dans n’importe quel but.

-Dans les licences libres, les plus connus sont sans doute les Creative Commons. Il existe de nombreuses licences différentes, mélangeant plusieurs conditions différentes. Le droit d’utiliser la musique sans la modifier, le droit de la remixer en appliquant ou non au remix la même licence que la musique remixée, de l’utiliser à des fins commerciales ou non, le devoir d’attribuer le nom de l’artiste ou non. La licence la plus restrictive est alors celle où l’on doit dire le nom de l’artiste, utiliser seulement à des fins non commerciales et qui ne doit pas subir de modification (BY-NC-ND). La licence la plus libre est alors la Creative Commons 0, où l’on peut utiliser la musique sans mentionner le nom, à des fins commerciales, avec la possibilité de la remixer.

-Il y a ensuite d’autres licences comme la licence Art Libre, qui peut s’apparenter à la licence Creative Commons BY-SA, la condition SA rendant la licence Art Libre virale car tout dérivé de cette musique doit avoir la licence Art Libre.

En droit français, plusieurs droits sont inaliénables et incessibles, c’est à dire des droits ne pouvant être retirés ni transmis : le droit d’attribution et le droit moral. Le droit d’attribution, ou droit de parenté, est celui d’être identifié comme étant l’auteurice de l’oeuvre. Le droit moral est celui qui consiste pour l’artiste de pouvoir refuser l’utilisation d’une de ses œuvres quand cette utilisation ne lui convient pas. Par exemple refuser que la musique soit utilisée pour la communication d’un parti politique ou d’une marque.

L’artiste peut mettre une licence libre sur sa musique pour plusieurs raisons. Tout d’abord à des fins de meilleurs diffusions. En effet, la musique non libre réduit l’utilisation de la musique à un cadre privé à moins de payer pour son utilisation. Là, la musique libre peut être diffusée en état avec beaucoup moins de contraintes, ainsi les diffuseurs auront plus de facilité à la partager.

D’autre part, permettre à lea consomatteurice de musique de devenir acteurice, c’est à dire réutiliser la musique pour en faire quelque chose de nouveau.

Enfin pour d’autres, il s’agit de propager une philosophie que l’on ne retrouve pas dans le circuit classique marchand de la musique : le partage et l’accès à la musique pour tous.

De plus il y a une chose très importante à garder en tête : Quand une musique est libre, ça ne veut pas forcément dire que cette musique est gratuite. Il faut alors parfois payer pour y avoir accès et pouvoir l’utiliser à sa guise. La musique libre n’empêche pas de faire des concerts, de vendre des goodies et des Cds. La seule différence entre musique libre et non libre est alors la licence appliquée à la musique.

Bien au-delà du « gratuit » péjoratif et réducteur, la musique libre illustre de nouvelles démarches quant à l’accompagnement et au suivi de sa création. Si le copyright est un droit d’interdire alors ces licences libres sont un droit d’autoriser.

Alors à quoi ça sert ?

Si vous avez déjà fait de la vidéo sur internet, il se peut que vos vidéos aient déjà été strikées par la plateforme sur laquelle vous avez uploadé parce que vous avez utilisé quelques secondes d’un contenu protégé par du copyright. Si vous avez déjà participé à l’élaboration d’un film amateur ou semi pro, court ou long, vous avez sans doute déjà vu les conditions de budget qui ne permettent pas toujours de payer tout le monde à sa juste contribution, notamment pour la musique.

C’est là que la magie des licences libres opèrent en aidant du mieux que possible celleux n’ayant pas beaucoup de moyen pour entreprendre.

Alors, avant de parler des enjeux de l’émergence de la musique libre, voyons un p’tit peu d’où ça nous vient et comment s’est développé la musique libre.

Historique du développement de la musique libre

Les licences libres en musique viennent naturellement des licences libres créées pour le logiciel. Seulement ces licences issus du logiciel libre ne s’appliquent pas forcément pour les œuvres autres que logiciels.

En juillet 2000, la Licence Art Libre voit le jour, initiée par les rencontres Copyleft Attitude. Rédigée par des juristes comme Mélanie Clément-Fontaine, David Geraud et des artistes tels Isabelle Modjani et Antoine Moreau. Son utilisation est récurrente dans la musique libre.

En 2001 se forme la fondation Creative Commons qui va sortir fin 2002 un premier jet des licences Creative Commons inspirés par les licences GNU GPL du logiciel libre.

En France, la musique libre a rapidement trouvé un terreau fertile. En effet, une association appelée « Musique Libre ! » va se développer en 2004 et propager l’idée qu’un nouveau partage de la culture musicale est possible. Ils ouvrent alors un site dédié à la musique libre nommé musique-libre.org et qui changera de nom en 2006 pour devenir Dogmazic qui accueillera une forte communauté. Cependant, ses régulières mises à jour mettent le site en maintenance et se voit non accessible de 2012 à 2015.

En 2005, le site Jamendo est lancé. Financé par les investisseurs de Skype et basé au Luxembourg, le ste va rapidement développer un marché de la musique libre. En effet, si des sites comme Dogmazik et Free Music Archive propose de faire un don à l’artiste, Jamendo propose le don mais aussi un programme de rémunération des artistes : Jamendo Pro. Ce programme met en lien un catalogue d’artistes et de musiques avec des sociétés ayant besoin de sonoriser leur espace de travail comme les bars/restaurants, les centrales d’appels téléphonique, les salles de spectacle. Rapidement, Jamendo va grandir et ses forums vont accueillir de nombreux artistes et fédérer une communauté. Malheureusement, les fréquentes mises à jour du site et les difficultés de communication ainsi que certaines manœuvres politiques de Jamendo vont user la communauté qui va en grande partie quitter les forums et le site Jamendo pour se tourner vers d’autres plateformes, comme Fandalism, Bandcamp et Soundcloud. En effet, Jamendo, ne mettait pas à jour les top en page d’accueil exposant toujours les mêmes artistes. De plus, de nombreux artistes ayant souscrit au programme Jamendo Pro ne voyaient leur argent venir que plusieurs mois après des demandes relancées. Aussi, de nombreuses mauvaises manœuvres de communication recensées dans le blog de Chef Georges jamendo-chroniques déformaient clairement l’utilisation des licences creative commons. Le site Dogmazik va malheureusement être en chantier pendant plusieurs années pour enfin rouvrir il y a peu, créant un manque d’endroit où les artistes libres français pouvaient se rassembler.

En 2002 est créé un autre site de haute importance dans la diffusion de la musique libre. Free Music Archive est un site impulsé par la station de radio du New Jersey WFMU. Alors qu’en 2002 de nombreuses radios ont organisé un Jour du Silence pour protester contre les frais dont devraient s’acquitter les webradios et webdiffuseurs au profit des sociétés de gestion, WFMU décide de contacter des artistes indépendants et des labels pour avoir la permission de diffuser librement leurs chansons sans compensation. Ils reçurent des retours positifs massifs et cela très rapidement, les inspirant à monter une discothèque en ligne de contenus sous licences libres.

Le site devient un repère énorme de musique libre international. Une interview est disponible en français sur le site Syntone http://syntone.fr/free-music-archive-du-son-libre-du-bon-son/

Si ces sites sont des lieux incontournables pour la musique libre, ce seront aussi Soundcloud et Bandcamp qui vont jouer un rôle important dans la diffusion des licences libres Creative Commons. En effet, contrairement à d’autres sites de streaming et d’achats de musique, ces sites proposent aux artistes dans des paramètres non avancés de choisir une licence copyright ou creative commons, permettant ainsi aux artistes de réfléchir sur ce qu’ils veulent comme politique de partage de leurs œuvres.

En 2012, la Sacem et Creative Commons France tentent une expérience qui est d’intégrer dans le catalogue d’artistes et d’oeuvres de la SACEM des œuvres sous licences CC By-NC-SA, accord vivement critiqué par l’ensemble de la communauté libriste. Pour eux, la clause NC, très floue, a eu un effet devastateur notamment en propageant l’idée que musique libre=don de la musique. L’association Musique Libre et le collectif Revolution Sound Records ont d’ailleurs publié un communiqué sur leurs inquiétudes liés à cet accord :

(…)

» Libre  » ne signifie pas gratuit, mais implique un autre rapport entre le créateur et le public.

Pour nous, membres de collectifs, d’entreprises et d’associations d’auteurs et de mélomanes, la musique libre est partie prenante d’une réflexion autour des enjeux politiques, économiques, sociaux et culturels de la création et de la diffusion musicale. Elle n’est pas un simple outil promotionnel au service de l’industrie musicale.

Les termes de cet accord montrent que la SACEM ne sort pas de son conservatisme. La SACEM pose des limites qui rendront la libre diffusion presque inapplicable pour ses propres membres et qui vont apporter aux actuels usagers des licences libres et ouvertes beaucoup de confusion, entraînant par la même occasion une insécurité juridique fâcheuse pour le public.

Ignorant les fondements de la culture libre, la SACEM s’impose (avec l’aide hélas du chapitre français de la fondation CC) sur un terrain qui s’est construit sans elle. L’ère de la simpliste dichotomie  » amateurs / professionnels  » est révolue : la musique sous licences libres ou ouvertes a désormais accédé à la reconnaissance par sa qualité, son pluralisme et sa diversité. http://www.numerama.com/magazine/21469-l-accord-sacem-creative-commons-sous-le-feu-des-critiques.html

Je ne vais pas aborder en détail l’histoire des droits d’auteur. Pour le pitch historique sur les droits d’auteur, je vous renvoie à ce time code sur ma vidéo sur le remix où j’explique rapidement d’où nous viennent les droits d’auteur que l’on a en France actuellement.

Sinon, simplement, il faut savoir que le droit d’auteur à l’international est très lié à l’Europe qui l’a imposés au reste du monde, ce reste du monde l’ayant modifié à sa guise.Il est alors évident de trouver dans le droit d’auteur des valeurs et des idées du 19ème siècle européen sur la créativité individuelle, sur le système économique et de marché de ces droits et sur le pouvoir colonial. Anthony Seeger, ethnomusicologue, dans L’Ethique et le droit d’auteur en musique souligne que la décennie au cours de laquelle la première Convention de Berne pour la protection des œuvres littéraires et artistiques (1886) a été ratifiée est aussi la décennie qui a vu les puissances européennes commencer à se partager la colonisation du continent africain.

Je vous invite très fortement à lire cet article.

https://ethnomusicologie.revues.org/1744

Aujourd’hui, la musique libre compte plusieurs centaines de milliers d’oeuvres musicales, la plupart du temps réalisée en tant qu’amateur.

Voilà pour le petit historique sur la musique libre. Alors pourquoi la musique libre émerge et qu’est-ce que cela signifie pour la création et le droit d’auteur ?

Que signifie l’émergence de la musique libre

Le développement de la musique libre n’est pas un hasard et il y a bien un dénominateur commun à tous ces artistes qui libèrent leur musique : les droits d’auteur classiques ne satisfont plus une partie des artistes et des consomatteurices, et leur gestion ne sont plus à jour quant au développement de la culture et à ses consommations. La répartition des ressources que peut apporter les sociétés de gestion de droits, de très peu pour des artistes ne connaissant pas le succès à des cachets mirobolants pour toujours les mêmes, ne permet pas aux générations actuelles et aux nouvelles générations de pouvoir vivre de leur art et de développer de véritables carrières.

L’émergence de la musique libre indique aussi qu’il y a une demande de la part d’une communauté créative qui a besoin de ressources remixables, transformables. Cette communauté, lassée de se faire striker leur créativité par des robots pro ayants droits, se dirige alors vers la consommation de contenu sous licences libres.

Cependant, si la musique libre permet à ceux n’ayant peu de moyens d’avoir tout de même du contenu, il est parfois difficile d’échapper à du contenu copyrighté. C’est le cas de nombreux vidéastes sur youtube qui utilisent et critiquent du contenu sous droit d’auteur pour en tirer une valeur ajoutée. C’est là que le droit d’auteur est véritablement épineux, l’utilisation dérivée des œuvres soumises au droit d’auteur est bien trop souvent muselé.

J’ai déjà beaucoup discuté de licences libres avec des musiciens inscrits à la SACEM ou bien intermittents du spectacle. Tous disent que le boulot est dur et ne rémunère pas beaucoup, qu’il faut courir après les prestations et certains m’ont dit que la musique libre était une concurrence déloyale face aux personnes qui « jouent le jeu du système ».

Voilà un des nœuds du problème.

-Soit on joue le jeu d’un système pourri qui pousse à ce que la musique devienne un marché où seuls celleux qui peuvent payer peuvent avoir accès à des pratiques de diffusion et de transformation de la musique. Un système qui va pousser les artistes à créer des gros titres selon les tendances pour pouvoir avoir de quoi vivre de leur musique au lieu de laisser le temps à l’expérimentation. Un système toujours utilisé par de nombreux musiciens car ils ne voient que ça comme option pour pouvoir y faire carrière, car gérer ses droits d’auteur peut parfois être compliqué quand on couple ça à une carrière d’artistes, car ils ne connaissent même pas l’existence de ce type de licences. Un système qui fait beaucoup d’appelés et peu d’élus en somme.

-Soit on décide de faire autrement pour permettre à chacun d’essayer de transformer et créer de nouveau par dessus. On décide alors de libérer sa propre contribution à la culture, de militer pour se réapproprier la question des droits d’auteur, pour créer quelque chose de plus équitable. C’est aussi se rendre la vie plus difficile en ce qui concerne la gestion des droits d’auteur mais cela permet une totale liberté créatrice, d’usage et de partage.

Alors quoi faire ? Maintenir un système qui permet tout de même de nourrir quelques artistes avec son lot de conséquences ou bien tout libérer pour permettre l’émancipation du remixeur qui sommeille en chacun de nous avec son lot de conséquences ? Tout libérer ? Tout protéger ?

Libérer ou Protéger la culture ?

Les licences libres arrivent à un moment où leur apparition est nécessaire. Internet ayant permis à chacun d’enregistrer du contenu et de le transformer, il faut choisir alors une politique adéquate concernant les droits d’auteur. Et à l’heure actuelle, chaque plateforme d’hébergement fait un peu la chasse au copyright à sa sauce, amenant parfois à des aberrations incroyables.

Si le strike que l’on reçoit quand on utilise 2 secondes d’un contenu copyrighté sur nos vidéos youtube paraît souvent complètement injuste, surtout quand c’est administré automatiquement par un robot sans contrôle humaine, d’autres situations sont bien plus aberrantes et injustes.

Par exemple, on peut trouver le cas de la vidéo du bébé danseur, vidéo d’un bébé qui danse sur du Prince en arrière plan striké par Content ID, ou bien le cas Rumblefish qui a striké des chants d’oiseaux.

Sinon, en aberration, prenons une chanson particulièrement utilisée, que tout le monde connait, toute bête : Joyeux anniversaire. Cette chanson que tout le monde peut chanter était soumise à droite d’auteur et rapportait chaque année plusieurs millions de dollars à Warner Chappell Music, elle s’est élevée dans le domaine publique seulement en septembre 2015 http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2015/09/23/happy-birthday-to-you-tombe-dans-le-domaine-public/ . http://www.slate.fr/culture/73977/anniversaire-copyright-warner

Avant 2015, si vous vouliez utiliser la chanson Joyeux Anniversaire de la Warner, il fallait payer, même si cette chanson est ancré dans les traditions de la plupart des familles du monde.

En protestation, Free Music Archive a d’ailleurs lancé un concours il y a quelques années pour proposer des chansons de joyeux anniversaire libre de droit.

On peut aussi retrouver de nombreuses aberrations dans tous les domaines, ainsi que des cas de fraudes au domaine publique.

Par exemple ce cas chroniqué par Guillaume Champeau sur Numerama, où le CNRS décide d’imposer une licence Creative Commons sur la reproduction de manuscrit vieux de 500 ans. Si la licence libre part d’un bon sentiment, c’est purement et simplement remettre des droits d’auteur à un manuscrit élevé dans le domaine publique qui ne doit théoriquement pas en avoir. http://www.numerama.com/magazine/25562-des-manuscrits-medievaux-places-sous-droits-d-auteur.html

Je vous invite bien sur à aller voir la chronique copyright madness, chronique hebdomadaire de numerama, à propos des abus des droits d’auteur.

Cependant, si je n’ai pas arrêté de cracher dessus depuis le début de la chronique, dans certaines situations les droits d’auteurs sont nécessaires. Il y a des cas où il faut protéger un maximum un patrimoine d’être réapproprié. On peut penser notamment aux ravages qu’on put faire l’appropriation culturelle des populations autochtones d’amérique du nord, des populations noires afro américaines et africaines. La conservation d’un patrimoine hors d’un marché est un enjeu crucial pour de nombreuses populations autochtones où libérer leur culture pourrait avoir des effets dévastateurs sur leur identité et leur culture.

Toute musique n’est pas conçue pour être commercialisée ; une musique peut être dotée d’efficacité spirituelle et être l’apanage d’un groupe déterminé, sans aucune perspective de diffusion dans le domaine public.

De plus, la pratique du plagiat, très mal vue dans nos sociétés, est quelque chose dont certains artistes souhaitent se protéger. Et dans ce sens, il faut alors une forme d’assurance et de protection que peuvent fournir les droits d’auteur.

Aussi, si les droits d’auteur classique ont leur défaut, les Creative Commons ne sont tout de même pas parfaits non plus. Carine Bernault dans la protection par la diffusion, soulève quelques problèmes :

  • Même si elles ont été traduites dans le droit français, il n’y a encore jamais eu de jurisprudence en France.
  • La clause « non commercial » pose problème car il y a un réel risque d’hétérogénéité d’interprétation de ce que l’on entend par non commercial.
  • La question du droit moral, propre au droit d’auteur à la française, s’il est respecté avec ces licences peut malgré tout être sujet à des interprétations diverses. On peut accepter qu’une œuvre soit modifiée a priori, mais il est possible de refuser une modification qui ne respecterait pas le droit moral, c’est-à-dire qui porterait atteinte à l’intégrité éthique de l’auteur par exemple. De même, le droit de retrait possible en théorie devient techniquement très difficile à mettre en œuvre une fois la ressource diffusée sur Internet.

Nous sommes à une période où il est sans doute impossible d’arrêter le téléchargement, le piratage et la transformation d’oeuvres numérisées. Malgré tous les dispositifs qui pourront être mis en place pour filtrer, espionner et détecter les pirates, il y aura toujours des moyens d’échange de fichiers. Les sociétés de gestion de droits, les majors, continueront à faire pression pour plus de répression mais c’est un phénomène impossible à endiguer. Le problème, c’est que ces majors ont un arsenal conséquent qui limitent et rendent plus flou à chaque fois les frontières du légal, en grandissant encore la durée de protection du copyright, en élargissant le champ d’application du droit d’auteur (droits voisins, droits sur les bases de données non originales) ou en créant des protections techniques comme les DRM, ou bien des lois comme la DADVSI ou l’ACTA.

Seulement, cette non remise en question du marché de l’art sur la question des droits d’auteur provoquent de vrais problèmes. L’extension de la durée des droits voisins provoquent des creux d’accès à la culture. En France, il est impossible pour vous à moins de vivre 100 ans de pouvoir remixer légalement l’oeuvre d’un de vos contemporaines encore vivant même si celui-ci mourrait sous peu. Par exemple, si je veux remixer légalement un morceau de Hubert Felix Thiefaine, il me faudrait l’autorisation de Thiefaine, des ayants droits et sans doute devoir payer pour son utilisation et sa diffusion, sinon il faudrait que j’attende sa mort puis 70 ans. Je ne pourrai faire un remix légalement que quand j’aurai minimum 97 ans. Si le droit d’auteur en musique peut être considérée comme problématique mais peu crucial, il en est autrement si l’on applique ces droits d’auteur sur des avancées scientifiques ou médicales.

Beaucoup de musiciens à l’heure actuelle galèrent sur le marché de la musique, que les musiciens produisent du libre ou non. Il est rare de voir un musicien ne pas avoir un deuxième boulot à côté, ne pas faire prof de musique ou bien un boulot d’appoint. Les salles de concert sont de moins en moins nombreuses et n’offrent pas toujours des cachets satisfaisant, de plus, la vente de musique physique ou numérique permet difficilement de payer les artistes, ne permettant pas l’émancipation des artistes. Alors, quoi faire ? Peut-on dépasser le système de protection des droits d’auteur, et si oui comment faire ?

Quoi faire pour dépasser le système de protection des droits d’auteur

Alors, quoi ? Qu’est-ce qu’il reste à faire si le droit d’auteur sert effectivement à protéger du plagiat, s’il sert à payer les artistes mais qu’il empêche aussi l’émancipation de consommateur-acteur qui n’attendront pas l’avis des créateurs pour agir ?

Il y a bien quelque chose qui coince dans l’utilisation et le partage de musique, sinon des alternatives libristes ne seraient pas apparues. De plus, il y a évidemment un besoin d’avoir accès à la culture pour la remixer, vu la déferlante du remix qu’a permis internet par le mème, les courants musicaux quasi exclusivement orientés remix (vaporwave), le phénomène de la vidéo sur internet.

Mais quoi faire alors si l’on décide de rendre accessible l’art pour tous ? Comment faire pour que les artistes puissent vivre et investir pour la création ?

Peut-être serait-il intéressant de développer des idées de rémunération des artistes.

Par l’impôt, mais qui pourrait se targuer d’être artiste et qui pourrait octroyer ce statut, et pour combien de temps et rémunéré à combien ?

Peut-être alors un revenu universel de base permettrait une stabilité des besoins primaires pour tous, et donc les artistes compris ? Mais que faire du besoin d’investissements nécessaires à la conception des œuvres ? Une subvention direct est trop aléatoire car on ne sait jamais combien peut rapporter une œuvre alors qu’elle est en cours de développement. Cependant, mettre à disposition du matériel aux artistes amateurs comme professionnels pour s’enregistrer, expérimenter, collaborer pourrait être intéressant. Cependant, cela poserait le problème de l’emplacement géographique, les personnes les plus éloignées de ces points de ressources ne pourront pas les atteindre, à moins de coupler ça avec des spots de création itinérant.

Alors pour les projets d’envergure ? Il reste toujours le financement participatif qui aura permis à de nombreuses œuvres nécessitant un paquet de pognon de voir le jour. Ceux-ci dépendent alors de leur communication dans un premier temps puis de leur pertinence. De plus, si l’art peut être accessible gratuitement, rien n’empêche de faire un don à l’artiste que l’on apprécie.

Il y a un tas de mises en place différentes du droit d’auteur et tout un tas de dispositifs alternatifs permettant de faire autrement. Cependant, tant que les grosses structures font la chasse aux infraction au copyright, les consommateurs-créateurs se trouveront toujours dans une situation illégale.

Il ne faut tout de même pas perdre espoir. Framasoft, la Quadrature du Net, le festival du domaine public, le rapport Reda et le rapport anglais de 2009 de l’IPO (Interllectual Property Office), ont permis de remettre les pieds dans le plat et d’avancer.

https://scinfolex.com/2009/11/04/angleterre-un-rapport-montre-la-voie-du-copyright-2-0/

Il est important que les créateurices soient conscients qu’iels ont le choix. Il n’y a aucun mal à décider que ses propres créations aient un copyright protecteur. Cependant, il est important de faire cette démarche intellectuelle sur qu’est-ce que l’on impose à nos créations et il faut que les créateurices soient les seuls à pouvoir le décider, pas un état, ni une société de gestion des droits, ni des ayants droits. Seules les créateurices doivent décider de leurs droits et il serait bon de voir de véritables efforts des sociétés de gestion des droits d’auteur pour autoriser ceux qu’iels défendent la libération de leur musique sous des licences creative commons, la promotion des communs, et défendre les artistes là où ils ont envie d’être défendus.

Cependant, il ne faut pas se leurrer non plus. Si un contenu plait et est disponible sur le net, il sera de toute façon remixé, partagé, détournée, piraté, qu’il soit protégé contre ces pratiques ou non.

Le droit d’auteur est une question que les citoyens doivent s’approprier, ces discussions ne doivent pas se faire dans des salles closes entre politiciens et business man males, blancs venant de pays au passif colonisateur. On a tous à gagner à réfléchir sur les questions de droit d’auteur. Car les problèmes de violation du copyright ne se font pas que d’artistes à artistes mais aussi d’entreprises à artistes, d’état à public. Les droits d’auteur sont les affaires des artistes, des penseurs, scientifiques, chercheurs et du public. Il ne doit pas être une aide seulement destinée à enrichir des majors, à conquérir de nouveaux marchés, à restreindre l’usage d’une œuvre dans le domaine publique.

Bon, c’est pas tout ça mais au final, on a pas parlé de la musique libre en elle-même. Comment ça sonne la musique libre ? Hé bien la musique libre, c’est simple, il y en a de toute sorte. De la très bien produite à du son enregistré via le micro d’un ordi avec le ventilo qui pousse à fond, de la musique produite pour un usage particulier comme de la musique d’ambiance, easy listening, pour illustrer des propos, mais aussi de la musique tout ce qu’il y a de plus habituel, du rock classique à la musique expérimental, de la chanson française à l’électro la plus bizarre.

Il y a tout et c’est bien chouette pour ça. Comme ils disent sur Free Music Archive, ce n’est pas que de la musique libre et gratuite, c’est aussi de la bonne musique.

Alors, vous, que pensez-vous des droits d’auteur actuel ? Qu’est-ce que vous voyez pour améliorer la situation ? N’hésitez pas à en parler dans la section commentaires.

Je vous ai bien sur fait une petite sélection d’artistes libres que vous pouvez consulter dans la description de la vidéo. N’hésitez pas à y jeter une oreille !

J’espère que cette vidéo vous a plus, j’vous dis à la prochaine !

Pour plus d’idées, de solutions quand à l’impasse de nos droits d’auteur actuels.

https://www.laquadrature.net/fr/elements-pour-la-reforme-du-droit-dauteur-et-des-politiques-culturelles-liees

Liste non exhaustive de chouettes musique libre :

Disappears (krautrock) http://freemusicarchive.org/music/Disappears/

Civil Civic (post punk, math rock) http://music.civilcivic.com/album/rules

Dad Ad (alt rock) http://freemusicarchive.org/music/DA_Dad/Dad_Ad/

Azoora (folk) http://freemusicarchive.org/music/Azoora/

Kelly Latimore (folk shoegaze) https://kellylatimore.bandcamp.com/

Bleeding Rainbow (alt rock/shoegaze) http://freemusicarchive.org/music/Bleeding_Rainbow/

Carb On Carb (alt rock) http://freemusicarchive.org/music/Carb_On_Carb/

Dom The Bear (electro) https://domthebear.bandcamp.com/

Jahzzar (Various rock) http://betterwithmusic.com/

Alcrete (post rock) http://freemusicarchive.org/music/Alcrete

Chocolate Orange Pillow (Math rock) https://www.jamendo.com/album/86393/chocolate-orange-pillow-chocolate-and-nipples-single?language=fr

dUASsEMIcOLCHEIASiNVERTIDAS (rock avant gardiste) https://duassemicolcheiasinvertidas.bandcamp.com

Free Pizza (rock) http://freemusicarchive.org/music/Free_Pizza/

Hisko Detria (krautrock/ rock psyché) http://freemusicarchive.org/music/Hisko_Detria/

Kursed (rock) https://www.jamendo.com/artist/6999/kursed

Long Hair (rock) http://freemusicarchive.org/music/Long_Hair/

Lonah (Chanson française) https://www.jamendo.com/artist/91/lonah

Brotherhood of the B.O.M.B. (Hip Hop) https://archive.org/details/siro685TheBrotherhoodOfTheB.o.m.b.-Self-titled

Mockinpott (synth punk) http://freemusicarchive.org/music/Mockinpott/

Noir Boy Georges (chanson française noise) http://freemusicarchive.org/music/Noir_Boy_George/Metz_Noire/

N-Qia (electro shoegaze) http://freemusicarchive.org/music/N-Qia/

Pronobozo (electro) www.pronobozo.com

Radiomaniac (post rock) http://freemusicarchive.org/music/radiomaniac/

Shamatronic (Electro/Ritual) https://www.jamendo.com/artist/363984/shamatronic

Natural Snow Building (psych folk/ritual) http://freemusicarchive.org/music/Natural_Snow_buildings/

Sad Bastard Book Club (post-country/doom folk) https://sadbastardbookclub.bandcamp.com/

Sebkha-Chott (Zheul, Progressive) https://sebkhachott.bandcamp.com/

Saelig Oya (Rock progressif français) https://saeligoya.bandcamp.com/releases

Sleepy John Corbeck (Chanson française rock) http://freemusicarchive.org/music/Sleepy_John_Corbeck/

Souvenir Driver (shoegaze) http://freemusicarchive.org/music/souvenir_driver/

Vlasta Popic (Psychobilly) http://freemusicarchive.org/music/Vlasta_Popi/

Wobinidan (folk/trip hop) https://www.jamendo.com/artist/7462/wobinidan

Yvalain (Blues rock) https://www.jamendo.com/artist/439188/yvalain?language=fr

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Hello, welcome to Tout est bon dans le son (Everything is good in sound) about Free Music.

You probably already know Kevin McLeod. If you don’t make videos on Internet, this name maybe doesn’t tell anything to you. But if you watch some videos on internet, You’ve probably listened to some. He is with Jahzzat one of the most known artist, his music has been used in thousand videos, movies, adds, videogames.

But what is free music ? And what is the difference betwee, Free music and Not Free music ?

What is Free Music

A music is free when some of the author’s rights have been changed to allow to the listener to use the music with some conditions. Those conditions are grouped under what we call a licence which are many. Here some and how it works in France.

-First, you have the classic copyright, which allow you to use music in a private place, and you don’t have the possibility to remix it, share it without the approval of the artist.

-Second, you have the public domain. A work of art rises on Public Domain when the copyright has expired. A music is licenced under copyright until the day the author dies and seventy years after for France and USA, the lenght of time is different in other country. Under Public Domain licence, don’t have any restrictions.

-In Free licences, mostly known are Creative Commons. Numerous licences exist, mixing different conditions. The right to use the music with modification, the right to remix with the application of the same free licence or not, the right to use it or not in commercial ways, the duty to attribute the name or not. The less free CC licence is By-NC-ND, you have to tell the name of the artist, to use it in non-commercial way and without modification. The most free licence is CC-0, where you can do everything with, without attributing the name, in commercial way if you want.

-There are other licences like Art Libre, which is similar to CC licence BY-SA.

In french right, some rights can’t be removed : attribution’s right and moral’s right. Attribution is to be identified as the artist. Moral is the right to refuse the use of a work of art that you are the author. Like when a song is used for a brendmark.

The artist can put a free licence in is music for may reasons. At first for a better chance to be broadcast. The use of a copyrighted music is reducted to a private use, unless you’ve paid for it. Here, Free music can be broadcasted easier. Secund, to allow the user of the music to be creator, by remixing it. Finally, To share a philosophy that we don’t find in the classical music market.

You have to keep a thing in mind, music under a free licence could have a price. Sometimes, you will need to pay to have access to the music and after that use it how you like. Free licencing doesn’t forbid to do gig, sell goodies or Cds. Free music is here to show an other way to share the creation. If copyright is the right to forbid, free licences are right to allow.

If you already have uploaded video on Internet, maybe your video have been striked by the website because you have used some copyrighted material. If you have done some amateur movies, you might have seen how it’s hard to pay everybody.

It’s in those cases that free music can help, to allow people to create, by using an alternative.

Before talking about the consequences of the growing free music scene, let’s see how french free music has grown.

Short French Free Music Story

Free music licencing obviously come from free licence from softwares.

July 2000, the Art Free licence is created by the meeting of Copyleft Attitude, his use is common in free music.

In 2001 is created the Creative Commons Fondation which will release the first Creative Commons licences inspired by GNU GPL free software licence.

In France, free music grows fast. In 2004, an association called « Musique Libre ! » (Free music!) will spread the word that a new way to share the music is possible. They open a website dedicated to free music called musique-libre.org then they will change the name to Dogmazic. Sadly, the website will be down from 2012 to 2015.

In 2005, the website Jamendo is started. Financed by investors from Skype and based in Luxembourg, the website will fastly grow a market of free music. If websites like Dogmazic or Free Music Archive allow to donate to the artiste, Jamendo propose the donation and also a program to pay the artists : Jamendo Pro. This program put in relation a book of artists to societies in need of music like bar, restaurant, calling centers… Fastly, Jamendo grows and his forums will gather a big population of artists. Sadly, the website’s changes, the difficulties to communicate with Jamendo and some political moves will destroy the community that will spread to go to website like Fandalism, Bandcamp or Soundcloud.

In 2002, a big website for free music is created. Free Music Archive is a website created by a radio of the New Jersey, WFMU. In 2002, a lot of radio are doing a Silence Day to protest against the taxes that webradio have to pay to Author’s right societies. WFMU decide to contact independant artistes and labels to have the permission to broadcast there music without payback. They received massive positive feedbacks. This move inspires them to create a big online discotheque under free licence.

If those website are the biggest to share only free licence music, Soundcloud and Bandcamp will play a big rôle in the share of Creative Commons licences. On the contrary of a lot of streaming website, they propose to artists to put their music in Creative Commons licences, allowing them to think about it and choose.

In 2012, the Sacem society (Authors, compositors, musicals editor french society) and Creative Commons France try the experimentation to allow artists to put their work under the licence CC By-NC-SA, a controversial move in the opinion of the free community. For them, the NC of the licence, really blurry, has a bad effect because it spreads the idea that free music is the donation of music.

I will not talk about the copyright history in detail. But, simply, you have to know that the international copyright is linked to Europe which imposed to the rest of the world, and every country modified it. So it’s obviously normal to find ideas from the 19th european century like individual creativity, economic and market system and colonial power. Anthony Seeger, ethnomusicologist, in L’ethique et le droit d’auteur en musique tells that the period which the first Berne Convention for the Protection of Literary and Artistic Works was accepted is also the period where european governments share the colonisation of Africa.

Today, Free Music has more than hundred thousand of piece of music, the most recorded in an amateur way.

So how free music has grown and what does it signify for the creation and the author’s right ?

Free music doesn’t come from nowhere and there is a common thinking to those artist who free their work : Classic author’s right are not accurate to the use and the growth of the culture. And the way artists are paid, to a lot for the few same artists, and nothing for the majority, can’t afford to the new genration of artist a stable situation.

The growth of free music indicate also that there is a demand from a creative community which remixable ressources. This community, tired of being striked by copyright robots, goes to an use of free licences ressources. But, if Free Music give permissions, it’s sometimes difficult to not use copyrighted ressource.

I’ve talked a lot to musician register to the SACEM or technicians. Everybody told me that the work is hard and a part of them told me that free music is like an unfair competition against those which play the game of the system.

Here is where it’s problematic.

-We can play the game of a rotten system which make the music a market where only those who can pay to use copyrighted content will be allowed to access to diffusion and remix. A system which encourage artists to make big hits accorded to the « bankable » of the moment and doesn’t care about the experimental. A system used by many musician because they can’t see other option to make a career. A system which call a lot of artists but elect a very few.

-Or we can decide to do different to allow everybody to transform and create new stuff with old stuff. So we decide to free our contribution to the wolrdwide culture, to protest to reappropriate the question of the author right, to create something more fair. It’s also make our life more difficult but it allows a total liberty of creation, use and share.

So ? Do we maintain a system which allow to feed a few artist with his consequences or we decide de free all the culture to emancipae the remix with his consequences ?

Make it free ? Protect ?

Free licences arrive at a moment which their presence is necessary. Internet has allowed everybody to record and transform, we have to choose the right policies about author’s right. And right now, every internet platform does his own seeking of copyright content, leading to really weird situations.

If the strike we received when we use two secondes of copyrighted content is unfair, other situations are way more unfair. Like the case of the dancing baby on a Prince song played on background, or the Rumblefish case which strike bird sing.

Or we have the exemple of a song everybody knows : Happy Birthday. This song that everybody can sing was under classical author’s right and gave millions of dollars a year to Warner Chappell Music. The song rised in Public Domain in 2015. Before this year, you had to pay to use it, and if you have used it without paying, you were in an illegal situation.

But if I’ve spitted on copyright, sometimes, it is necessary to put a hard author right. We can think about the tragedies of cultural appropriation of native north american people. The conservation of those culture out of a market is crucial for a lot of native population where free their culture could have bad effects on their identity and culture.

Every music are not created to be in a market or with a perspective to be shared.

Also the practice of plagiarism is also really bad seen in our societies and is also something that some artists want to be protected from.

Also Creative Commons licences are not perfect. Carine Bernault in « Protection par la diffusion » share some problematic points in CC licences :

-Even if they are translated in french right, there is no case law in France.

-The condition « Non commercial » is also problematic because of the misinterpretation of what is « non comercial »

-The question of moral right and attribution right in french right can be misinterpreted.

We are in a period where it’s impossible to stop the download and the transformation of numerised work of art. Even with all the laws that can be acted, there will be always a way to share content. But lobbys and majors have a big range of move which limit and make blurrier the legal frontiers of use, with the increasement of the lenght of copyright holding, with the creation of technical protections like digital right management or laws like DADVSI or ACTA.

This create a real problem. Extention of copyright holding create lack of accessibility. In France, it’s impossible unless you live like one hundred years to legally remix a person alive now even if this person dies today. For exemple, if I want to remix a song from the french singer Thiefaine, I will need his permission, maybe I’ll have to pay to use and share, or I’ll have to wait 70 years after he dies. If he dies today, I’ll have to want to my 97 years to do a legal remix without having to pay something.

A lot of musicians have a bad time on music market right now. It’s not so uncommun to find a musician having a second job. Gig places are closing and don’t give a big amount of money, the selling of Cds don’t pay a lot and don’t allow the emancipation of artists. So what can we do ? Can we make an other system and how ?

Other ways

There is something shitty in the use and share of music right now and there is a need to access to a remixable culture. We just have to see the culture of Internet’s mème, those musical genres based on remix like Vaporwave, or the internet videos phenomenon. But what do we have to do if we decide to make the culture free for all ? How do we do to pay the artists ?

By a tax ? But who give it ? Who can be called as an artist ? For how long ? Payed how many and everybody will be payed the same ?

Maybe a basic income or the Bernard Friot’s salary to life can provide to every citizen, artists include ? But what to do with the need of investment to the creation of art ? A direct public grant is too hasardous because we’ll never know how many money a piece of art can create. But we can create places with adio recording and practicing material, free to use for amateur and professional to record, experiment, collaborate. A problem is the localisation, people far from those places won’t be able to use it, but with a traveling place like that, it could be less a problem.

And for big project ? We have crowdfunding and the donation.

We have solutions, and mine maybe are bad, but we can think about it.

It’s important the authors are awared that they have the choice. To put a really protective copyright is not a bad thing. But artists have to do the thinking of what they want to put on their work. And only artists have to choose about that, not a state, a society or copyright holder.

But even if you put a very protective copyright, if your work is liked by many, it will be remix, transformed, shared, even if it’s protected for those use.

Author’s right is a question that citizen have to appropriate, those conversations don’t have to be done in closed room with politicians and business man white, male coming from country with a colonial past. Everybody will win if we all think about author right.

Well, we have talked a lot but not about what is free music. So how it’s sound like ? Well it’s simple, Free music could be everything. Very well producted music to recorded stuff with the microphone of the computer with the sound of the vent, music recorded for a particulat use like ambiant music, easy listening, but also very classical type of music like rock, hip hop, experimental to weird song writing and deep electro.

You can find everything and this is what’s it’s cool about free music. And as Free Music Archive says about free music, it’s not just free music, it’s good music.

So what do you think about author’s right ? What do you see to make the situation better ? Feel free to talk about it in the comment section.

I’ve made a list of free music, feel free to listen to it !:)

Take care, see you next time.

Non exhaustive free music list :

Disappears (krautrock) http://freemusicarchive.org/music/Disappears/

Civil Civic (post punk, math rock) http://music.civilcivic.com/album/rules

Dad Ad (alt rock) http://freemusicarchive.org/music/DA_Dad/Dad_Ad/

Azoora (folk) http://freemusicarchive.org/music/Azoora/

Kelly Latimore (folk shoegaze) https://kellylatimore.bandcamp.com/

Bleeding Rainbow (alt rock/shoegaze) http://freemusicarchive.org/music/Bleeding_Rainbow/

Carb On Carb (alt rock) http://freemusicarchive.org/music/Carb_On_Carb/

Dom The Bear (electro) https://domthebear.bandcamp.com/

Jahzzar (Various rock) http://betterwithmusic.com/

Alcrete (post rock) http://freemusicarchive.org/music/Alcrete

Chocolate Orange Pillow (Math rock) https://www.jamendo.com/album/86393/chocolate-orange-pillow-chocolate-and-nipples-single?language=fr

dUASsEMIcOLCHEIASiNVERTIDAS (rock avant gardiste) https://duassemicolcheiasinvertidas.bandcamp.com

Free Pizza (rock) http://freemusicarchive.org/music/Free_Pizza/

Hisko Detria (krautrock/ rock psyché) http://freemusicarchive.org/music/Hisko_Detria/

Kursed (rock) https://www.jamendo.com/artist/6999/kursed

Long Hair (rock) http://freemusicarchive.org/music/Long_Hair/

Lonah (Chanson française) https://www.jamendo.com/artist/91/lonah

Brotherhood of the B.O.M.B. (Hip Hop) https://archive.org/details/siro685TheBrotherhoodOfTheB.o.m.b.-Self-titled

Mockinpott (synth punk) http://freemusicarchive.org/music/Mockinpott/

Noir Boy Georges (chanson française noise) http://freemusicarchive.org/music/Noir_Boy_George/Metz_Noire/

N-Qia (electro shoegaze) http://freemusicarchive.org/music/N-Qia/

Pronobozo (electro) www.pronobozo.com

Radiomaniac (post rock) http://freemusicarchive.org/music/radiomaniac/

Shamatronic (Electro/Ritual) https://www.jamendo.com/artist/363984/shamatronic

Natural Snow Building (psych folk/ritual) http://freemusicarchive.org/music/Natural_Snow_buildings/

Sad Bastard Book Club (post-country/doom folk) https://sadbastardbookclub.bandcamp.com/

Sebkha-Chott (Zheul, Progressive) https://sebkhachott.bandcamp.com/

Saelig Oya (Rock progressif français) https://saeligoya.bandcamp.com/releases

Sleepy John Corbeck (Chanson française rock) http://freemusicarchive.org/music/Sleepy_John_Corbeck/

Souvenir Driver (shoegaze) http://freemusicarchive.org/music/souvenir_driver/

Vlasta Popic (Psychobilly) http://freemusicarchive.org/music/Vlasta_Popi/

Wobinidan (folk/trip hop) https://www.jamendo.com/artist/7462/wobinidan

Yvalain (Blues rock) https://www.jamendo.com/artist/439188/yvalain?language=fr

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