Overdose de production / Production’s Overdose

(English translation below)

J’aimerai revenir sur le FAWM. C’était une expérience particulièrement intéressante, que je referai volontiers, liée au défi que je m’étais lancé : produire une centaine de morceaux en l’espace d’un mois. J’ai réussi en employant des méthodes de production musicale rapide. Notamment enregistrer des improvisations, en variant les genres musicaux et les instruments de musique. Si quelques morceaux et albums produits durant ce mois sont plutôt de bonnes qualités et assez travaillé, le reste est plus que moyen à mes oreilles. Ce défi, je l’ai rempli et je pense pour plusieurs raisons. D’abord pour des raisons personnels, car j’aime relever des défis, mais aussi, et je pense que c’est là où ça blesse, pour suivre une réputation que je traine depuis quelques temps.

En quelques années, j’ai gagné une réputation de rapide producteur, sortant l’an dernier plus de dix albums. Depuis le début de l’année, j’ai déjà dépassé ce nombre et j’ai pris un peu de recul, les albums produits ne sont pas d’une très bonne qualité (hormis quelques uns) et ça m’emmerde. De plus, cette image de gros producteur me pèse de plus en plus. C’est bête car au final, peu de gens sont au courant de mon activité et de ma régulière production, du coup, cette réputation n’est pas quelque chose de connu spécialement. Mais à cause de ça, je me suis foutu la pression et ça m’a filé des automatismes que je n’aime pas, notamment un, celui d’enregistrer tout ce que je fais en me disant « ça pourra toujours servir ».

Ca m’a mis à l’écart d’une chose importante dans la musique : le plaisir de jouer pour jouer.

Si j’ai découvert une formidable activité émancipatrice dans la musique, le fait de produire à outrance m’a écarté de l’activité de jouer, tout simplement. J’étais dans une optique de composition rapide, motivé notamment par mon milieu, la musique libre et le domaine publique. Mine de rien, nous ne sommes que très peu à fournir le domaine publique en musique. Contrairement au cinéma, il y a vraiment peu de musique accessible dans le domaine publique, notamment à cause des droits d’interprétation. Du coup, ces derniers temps, j’étais motivé pour produire énormément de musique pour donner accès à ceux en ayant besoin. Je me suis alors écarté de la pratique de la musique pour me focaliser plus sur la pratique de la production. Et ça m’a joué des tours. Je n’arrivai plus à prendre un instrument sans m’arrêter parce que je me disais que je n’arrivai pas à trouver un truc intéressant à enregistrer.

Ca a eu comme conséquence que je me suis tourné sur la production, pour reprendre le terme « gebrauchsmusik » de Paul Hindemith, de musique dite utilitaire, une musique à usage en principe strictement pratique. De la musique utilisable, et non de la musique tout court.

Pour finir, une dernière pression me faisait du mal, une beaucoup plus passée sous silence dans mon esprit mais dont je me rends compte maintenant, et qui est peut-être beaucoup plus grave. Ma production massive dans le domaine publique a aussi été poussée par ma propre situation dans l’instant, celle de chomeur. Je touche le chômage, et je pense que ma production est très liée au fait de penser mériter le chômage par cette production acharnée. Je m’excusai de toucher le chômage en offrant à toustes des produits dans le domaine publique.

Sauf que ça suffit. Je n’ai pas à me justifier pour toucher le chômage, j’ai le droit de vivre, tout simplement et n’ai pas à me justifier de cette situation, pas aux yeux du monde, et ni à moi-même. Je dois essayer de l’accepter comme c’est.

Du coup, je fais une pause de l’enregistrement pour un moment. J’imagine que j’y reviendrai bientôt mais là il faut que je me force à faire une pause pour pouvoir pratique sans pression, apprendre de nouvelles techniques.

Je me suis remis au slap, j’apprends doucement le piano, j’écris des bouts d’idées, je prends en main quelques pédales d’effets.

J’avais besoin de l’écrire.

Bonne journée et amour pour vous,

Monplaisir

PS : J’en ai profité pour refaire le design du bandcamp. Aussi, si vous voulez vous faire une idée, j’ai produit depuis le début de l’année tout les albums depuis « Lack of Feedback » : https://chezmonplaisir.bandcamp.com/music

____

I would like to make a feedback about my experience of the FAWM. It was a really cool challenge I would like to try again and I’ve put to myself a high challenge : produce hundred tracks in one month. I’ve succeeded by using technics of speed production. I recorded improvisation, with various musical genre and music instruments. If some tracks and albums I’ve produced in February are good, the rest isn’t so good for me. This challenge, I’ve done it for several reasons. First, because I like to have challenge, but the other reason is kind of worst because it’s about a reputation I have for quite a time.

In few years, I’ve earned a reputation of a speed producer, releasing last year more than ten albums. Since the beginning of the year, I’ve done more than ten albums and I’ve to admit that for some of those albums, they are not really good and it’s bothering me. Also, this image of massive productor put pressure on me. It’s silly because in the end, very few people knows about my activity and my regular production. But because of that, I’ve put myself a lot of pressure and gave me some automatism I don’t like, like, recording everything I so by telling me « It could serve ».

This way to do music put me aside of something importante in music : The pleasure to play just for playing.

If I’ve discovered an awesome emancipator activity in music, the fact to produce en masse put me aside of the activity of simply playing music. I was in the optic to compose and produce rapidly, motivated by the place I do music, the free music and public domain music. We are really few to contibute to the public domain music. Unlike movies, there is very few music that can be found in public domain because of interpretation rights. So, I was motivated to massively produce music to bring access to those who need music. I’ve put myslef aside of the practice of music to concentrate on the practice of production. And it was a bit bad for me. I couldn’t take an instrument without stopping myslef of playing because I couldn’t find something interesting to record.

This way to produce make that my production was oriented, to take the term « gebrauchsmusik » from Paul Hindemith, to an utilitary music, a music made for a strictly pratical use.

To finish, I had a last pressure, a silent and insidious, that I only see know, and much more important than the rest. My massive production in public domain was link to my actual situation, as unemployed. I earn unemployment compensation, and I think that my production was link to the fact I think deserving this compensation by my massive production. I was giving myself excuse for my situation by giving access to people for my music in public domain.

That’s enough, I don’t have to justify myself to be compensate, I’ve the right to live, simply, and I don’t have to justify myself for my situation, not for other and nor for me. I have to accept that.

So I stop recording for some times. I think I’ll come back really soon but I have to take a break to have the time to practice instruments without pressure, learn new technics.

I slap, learn the keyboard, write some ideas, learn to use some weird effect pedals.

I needed to write this down.

Good day and love for you

Monplaisir

PS : I’ve taken a time to make a new design for my bandcamp. Also, If you want to make an idea about it, I’ve produced since the beginning of the year all albums after « Lack of Feedback » https://chezmonplaisir.bandcamp.com/music

 

Picture by Steve Soblick on Flickr

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